Les conséquences multiples du verdissement des flottes automobiles.

Avec le verdissement accéléré des flottes imposé par la loi d’orientation des mobilités (LOM) et la loi Climat & Résilience, les entreprises se mobilisent pour intégrer davantage de véhicules électriques. Mais une question revient sans cesse : où et comment recharger ces véhicules ?

Si la recharge au bureau devient peu à peu la norme et offre une vraie praticité, elle ne s’adapte pas à tous les usages. De nombreux collaborateurs passent peu (voire pas) de temps dans les locaux de l’entreprise. Leur activité les conduit sur le terrain, en intervention ou directement chez les clients. Pour eux, la solution la plus simple et la plus efficace reste la recharge à domicile, souvent effectuée en temps masqué, la nuit. Ce mode de fonctionnement s’impose naturellement comme le compromis le plus logique entre confort, coût et efficacité.

Pourtant, il n’existe pas de modèle unique d’équipement à domicile des salariés. Installer des bornes de recharge au domicile des collaborateurs soulève de nombreuses questions très concrètes : qui prend en charge les coûts d’installation, totalement ou partiellement ? Que faire en cas de départ ou de déménagement du collaborateur ? Quid des copropriétés? Et une fois la borne finalement installée, qui est responsable en cas de problème ? Autant d’interrogations qui rappellent que la mise en place de la recharge à domicile ne se limite pas à un choix technique. C’est un enjeu d’organisation, de responsabilité et d’équité entre les salariés.

Chaque entreprise doit trouver son propre équilibre, en tenant compte de la réalité de ses équipes, de ses contraintes et de sa culture. Une entreprise dont les collaborateurs sont très fidèles et assez sédentaires aura évidemment moins de difficulté à financer tout ou partie d’une installation qu’un groupe faisant face à une plus forte rotation de ses effectifs. Les outils existants ont aussi une influence, qu’il s’agisse par exemple de rembourser le collaborateur de ses recharges à professionnelles via l’outil de notes de frais.

Cette diversité implique, pour l’opérateur de charge, de savoir faire preuve d’une grande souplesse et de ne pas tenter d’imposer son propre modèle opérationnel et d’être capable d’accompagner ses clients dans le cadrage d’un dispositif qui leur ressemble.

Encore faut-il, à nouveau, une certaine stabilité des règles du jeu. Car, quand le crédit d’impôt pour l’installation d’une borne de recharge à domicile se voit remis en cause par le projet de loi de finances, on oublie que cela impacte non seulement les particuliers pour leurs propres besoins, mais aussi les entreprises qui contribuent à l’équipement à domicile de leurs collaborateurs.

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